Un secret

Tu m’ as dit que c’ était un secret alors, j’ ai enlevé mes souliers et je suis entrée sans frapper. Par terre fracassé sur le plancher ce vieux dentier que tu aimais porter.
Tu m’ as dit qu’ il fallait jouer le jeu de la vérité, alors , je me suis déshabillée puis je me suis démaquillée. J’ ai laissé filer dehors tous les artifices que j’ avais accumulé.
Je t’ ai raconté qu’ aucun d’ eux, jamais, n’ avait sut m’ aimer, mes histoires une sucession de douleurs aiguisées. Tu as pris une petite éponge mouillée et a lavé toutes les souillures du passé.
Je t’ ai crié qu’ il n’ y avait que toi que j’ aimai, sans mystère, sans cabale enfoui dans mes pensées . Tu as pris ton air piqué. J’ ai pris sur moi et j’ ai chassé tout ceux qui y habitait.
Tout ca en secret.
Tu m’ as susuré que tu avais du mal à oublier ces souvenirs qui t’ empéchaient d’ avancer. Je t’ ai pris la main et ensemble, doucement nous les avons enterrés.
Tu m’ as dit que tu avais peur de mon jeune âge qui contrastait avec ton vieux front ridé. Je t’ ai assis sur la chaise et tu m’ as rendu mes hauts souliers. Les rôles, les tailles inversées je t’ ai soigné entre mes jambes et tes appréhensions évanouies je t’ai couvert de baisers.
Je t’ai chuchoté que tu étais ma moitié et que sans toi j’ étais brisée. Tu m’ as prise sur tes genoux et m’ as montré que lovée contre toi ce n’ était qu’ un seul être que l’ on formait.*
De préjugés et de craintes débarassée. Je t’ ai ouvert mon coeur pour que tu puisses y puiser l’ abondance de l’ amour que je ressentai avec intensité. Laisse toi aller, jette tes double-foyers sur le parquet.
En parlant d’ honneteté il faut que je t’ avoue… je pense , je crois que j’ ai trahit notre secret. Je t’ en prie! non ! ne te tourne pas en prenant cet air désabusé. Cesse de plisser ainsi ta petite bouche ratatinée.
Je te jures: qu’ importe ton âge, ceux qui te qualifient de vieillard.
Tu es un homme d’ expérience, un amant cerifié. Je ne pouvais plus exister en sachant cette passion voilée.
Prends moi la main couvre moi encore de baisers, sache que mon monde se résume à ta personne, que pour toi je serai même prète à me damner.

~ par dasweetlady le février 2, 2008.

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