Mémoires d’ Afrique

Le griot, les longues manches de son boubou retroussées

Chassait les mouches de son bois au crin ébouriffé.

Les visages d’une dizaine d’enfants aux fronts plissés, anxieux

Ecoutaient en silence l’aventure les yeux clos, le souffle coupé.

Ses doigts pincaient les vieilles cordes de son balafon,

Et il s’échappait en rythme des cris plaintifs, sanglants.

Les aigus annoncent une longue et terrible histoire….

Où le sang se mèle au sable et ne font plus qu’un,

Où les homme s’oublient et se comportent en démons.

Il s’agit de haine, de trahison et de guerres.

Du viol recent de sa pauvre mère par des toubabs…

On y croise le deuil, la faiblesse des gens, la peur,

Les disparitions brusques tel l’enlèvement de sa soeur.

L’ épopée n’est pas glorieuse mais les gens y sont grands.

Accrochés à la foi, protégés par l’ombre de Dieu

Ils ont soufferts muets en attendant un signe des cieux.

Ils ont vu leur vie défiler, figés dans un instant,

Un long marigot boueux et peu profond où les souvenirs s’étaient quand-même noyés.

Plus de mil, plus de maïs, il faut à présent cultiver pour ceux

Qui disent qu’ils ont tout inventé et biensur la lumière et le feu.

Ils savent tout ces blancs, bien plus que le doyen qui pourtant affiche 101 ans.

Le toubab a cette assurance qui lui donne sa place dans l’histoire,

Le pouvoir de raconter des mensonges que même le chef du village pourtant va croire.

Nous ne sommes pas les seuls ici et la nuit bien que tout le monde dorme dans sa case

De l’autre côté de la mer d’autres viennent de s’éveiller et commencent leur journée.

Les toubabs viennent en mission pour nous aider, nous civiliser,

Mais notre avis est exclu et de la naitra la discorde car comme des animaux

Pour nous dompter ils ont attachés à nos cous des cordes

L’histoire passe et se raconte, elle est douloureuse et s’achève,

Quand grace à Allah ils ont acceptés de signer la trève.

Mais pourquoi Seigneur les suivent-ils comme des chèvres

Pour ensuite se comporter comme des boucs quand ils s’énervent ?

Des exemples, des anecdotes, des familles qui se déchirent, des patricides.

Nos mémoires sont emplies de “des” qui ne font jamais que citer sans décrire.

Des sons, des cris que le griot retranscrit en griffant son instrument de ses doigts.


~ par dasweetlady le février 7, 2008.

Une réponse to “Mémoires d’ Afrique”

  1. je trouve tes textes assez profon

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